Paramètres intrinsèques de la réussite en compétition

J’ai le plaisir de publier le deuxième article de notre directeur technique, Christophe Hebting.

Cet article est extrait de son nouveau site internet, Cycling Coaching Solutions by christophe hebting, dont je recommande la visite !

Bonne lecture à tous.


Consécutivement à vos questionnements, voici quelques éléments de réponses qui vous apporteront des pistes de réflexion. 

Je vous livre dans un premier temps un inventaire généraliste, incluant l’ensemble des éléments dédiés à la réussite. Si certains sont inhérents à la volonté, d’autres possèdent des paramètres incertains… 

I – Liste des paramètres intrinsèques de la réussite en compétition

1/ Être en pleine possession de ses moyens physiques : pas de maladie, pas de blessure. 

2/ Bénéficier d’un entrainement complet, permettant à l’organisme de développer une activité physique de haute intensité pendant l’ensemble de la course. 

3/ Emmagasiner une capacité nécessaire d’énergie afin de pouvoir subvenir aux besoins du corps pendant la période de la course. 

4/ Posséder un potentiel technique développé afin de passer rapidement et proprement les différents passages spécifiques. 

5/ Être en possession d’un matériel efficace, léger et fiable. 

6/ Ne pas être victime de fait de course (bon départ, pas de problème mécanique, ne pas être victime de chute, ne pas être pris dans un bouchon ou ralenti par un concurrent). 

7/ Posséder un mental équilibré (confiance en soi, esprit positif, concentration). 

Il est évident que beaucoup de ces éléments sont communs à l’ensemble des concurrents présents sur vos courses respectives. 

II – Ne rien laisser au hasard 

Effectivement, une part de hasard existe. Il convient donc d’en minimiser ses impacts. Pour cela il est absolument nécessaire de verrouiller par votre sérieux et votre abnégation les aspects sur lesquels vous pouvez influer. 

Pour cela il faut être méthodique en mettant en place des routines, en rédigeant des listes qui serviront à référencer vos activités et à comptabiliser les affaires nécessaires. Pour les jours de courses, il peut être utile de rédiger un emploi du temps comportant les éléments clés de votre quotidien (réveil, petit- déjeuner, dernière reconnaissance, échauffement, dernières consignes et placement en grille). 

Une bonne organisation rassure, dissipe un stress inutile et permet déjà une concentration saine vers vos objectifs. 

III – « Si vis pacem para bellum » (« Si tu veux la paix, prépare la guerre ! ») 

Certains pensent (peut-être à juste titre) que le sport, comme la guerre, est un jeu de stratégie. Dans cet « art ancestral », l’objectif stratégique est de posséder un coup d’avance sur l’adversaire. Aux échecs, on appelle cela « avoir les blancs ». 

Dans notre situation, comme dans le domaine militaire, la stratégie consiste à maitriser le terrain et plus particulièrement les données de chaque circuit. À travers la distance, le dénivelé, les moyennes de puissances développées, les spécificités techniques, il vous sera possible de mettre en œuvre un travail de modélisation de l’entrainement. Ainsi vous pourrez calquer vos exercices et vos séances en vous rapprochant au plus près des réalités de la course. Le CREPS de Boulouris-Saint-Raphael dans le Var a réalisé une copie du parcours XCO des Jeux olympiques de Rio, permettant aux coureurs de l’équipe de France de s’entrainer dans des conditions quasi réelles. 

Afin de mettre en place, à votre échelle, cette modélisation de l’entrainement, il est primordial de posséder une connaissance des parcours référencés. Cette année le circuit national rassemble 6 courses que l’on pourrait classer dans 3 catégories. 

  • Courses à tendances techniques sur sol minéral (Marseille et Levens)
  • Courses nerveuses et généralistes (Lons-le-Saunier et Ussel)
  • Courses en altitude (Les Ménuires et l’Alpe d’Huez).

Les informations et les expériences antérieures sur ces mêmes parcours vous offrent une opportunité de perfectionnement et de personnalisation de vos préparations.
Par exemple, pour les circuits de Marseille et Levens, il faudra travailler la lucidité afin d’être propre et précis sur les passages techniques surtout en fin de course. Pour Ussel et Lons il s’agira d’un travail de seuil et de résistance à l’effort. Tandis que pour les Ménuires et l’Alpe il faudra accumuler du dénivelé tout en simulant l’hypoxie.
Bref les possibilités sont nombreuses, mais surtout très personnelles pour chacune et chacun d’entre vous.

IV – Les éléments polluants et le positivisme

La préparation de vos compétitions se concentre sur des paramètres physiques, physiologiques et techniques. Les efforts, l’énergie, les sacrifices consentis pendant des mois, ne doivent pas être annulés par une gestion du stress non maitrisée. C’est aussi pour cela que la préparation doit également prendre en considération le domaine du mental.
Dans un premier temps je trouve primordial de se recentrer sur soi-même en se désintoxiquant des éléments polluants. L’hyper connectivité de notre société, via une multitude d’applications peut s’avérer être un miroir déformant aux effets pervers. Qui d’entre vous n’a pas eu un sentiment d’infériorité, voire de jalousie en regardant les stories Instagram ou les données de Strava d’autres sportifs. C’est effectivement parfois destructeur de prendre en plein visage les séances d’entrainement ensoleillées de certains, lorsque vous révisez votre prochain partiel ou lorsque vous êtes bloqués dans les bouchons…
De façon générale cela développe une culpabilisation qui pourrait remettre en cause votre assiduité, votre mobilisation. Cela est plus néfaste qu’il n’y parait, car cette exposition « tronquée » peut atteindre votre moral et créer des doutes, une perte de confiance, et engendrer un stress ou une anxiété.
Ces sentiments peuvent laisser surgir la part la plus sombre de vous-même, en se matérialisant par des critiques et des pensées négatives. Statistiquement, 97 % des Français formulent une critique négative par jour sur un collègue, un coéquipier, un ami ou un membre de sa famille. Il est donc indispensable de quitter le négativisme qui conduit à l’échec, pour se diriger vers le positivisme qui conduit à la réussite.

Loin de tout angélisme, je sais que cette situation n’est pas une finalité et je vous conseille de vous protéger de cette course à la communication « sur des performances qui sont plus numériques que physiques ». 

Pour cela je vous propose de vous recentrer sur vous-même à travers votre préparation. Entrainez- vous, faites ce qui vous parait juste et écoutez uniquement les conseils des personnes bienveillantes. Il est indispensable de projeter vos objectifs vers de sources de motivations positives, par exemple « mon objectif est de gagner plutôt que mon objectif est de battre…. ». 

Soyez sûr de vous, et gardez en mémoire vos heures d’entrainement qui demeurent un acquis inaltérable. 

IV – À vous de jouer 

À travers ces lignes, vous avez compris que la méthode vers la réussite vous appartient. Il convient à travers vos forces et vos qualités de mettre en œuvre un escalier solide qui vous permettra, marche après marche, d’atteindre vos objectifs. 

« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ! »

Berltolt Brecht

Bonne saison !

Christophe

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